Photo : DQMNSWANN / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
La plupart des bassins de baignade de La Réunion se méritent : une heure de marche en sous-bois, un canyon à remonter, des rochers à franchir. Le Bassin Bleu, au village de Sainte-Anne sur la commune de Saint-Benoît, casse ce code. Ici, la voiture s'arrête à une cinquantaine de mètres de l'eau, et le plus dur de la sortie consiste à choisir sa table de pique-nique.
Ce texte n'est pas la fiche technique — pour l'accès précis et les coordonnées, retrouvez notre fiche pratique dédiée au Bassin Bleu. Ici, il s'agit de raconter ce qui rend ce site si particulier sur une île où la baignade se gagne généralement à la sueur, et de ne pas passer sous silence les précautions qu'il impose malgré son apparente facilité.
Une eau turquoise à portée de voiture
Le Bassin Bleu se situe à l'embouchure de la ravine du Petit Saint-Pierre, à quelques mètres seulement de l'océan Indien, sur la RN2 entre Saint-Benoît et Sainte-Rose. On y accède en tournant à gauche peu après l'église de Sainte-Anne, repère facile à trouver même pour un premier passage. Le parking, aménagé et régulièrement agrandi, dépose directement les visiteurs au bord de l'eau : pas de sentier, pas de dénivelé, juste quelques pas entre les kiosques et le bassin.
Un bassin protégé, entre galets et radier
Ce qui distingue le Bassin Bleu des autres bassins littoraux de l'île, c'est sa double protection naturelle : d'un côté, d'imposants galets amortissent les vagues et le ressac de l'océan tout proche ; de l'autre, un radier marque la limite avec la ravine. Résultat, une eau douce généralement plus calme qu'un bassin exposé directement à la houle, et une couleur turquoise qui a fait la réputation du lieu bien au-delà de Saint-Benoît.
🌿 Un site rénové : des travaux de réhabilitation annoncés en 2025 doivent notamment ajouter une trentaine de places de stationnement supplémentaires, signe de la popularité croissante du site auprès des familles de l'Est.
Des enfants aux plongeons, pour tous les niveaux
Près de l'entrée, de gros rochers délimitent une zone peu profonde qui fait le bonheur des plus jeunes. Plus loin, le bassin s'approfondit jusqu'à un plongeoir, du côté du grand bassin, pour les nageurs qui veulent un peu plus de sensations. Cette organisation naturelle du site, entre zone calme et zone profonde, explique pourquoi il est autant apprécié des familles que des groupes d'amis.
💡 Astuce : emportez des sandales d'eau pour marcher confortablement sur les galets qui bordent le bassin, souvent glissants près de l'eau.
La facilité ne dispense pas de la prudence
C'est le piège classique des sites très accessibles : leur simplicité d'accès peut faire oublier les règles de base. Au Bassin Bleu, deux points de vigilance reviennent régulièrement. D'abord, l'eau de la ravine peut être sensiblement plus fraîche que l'air ambiant, surtout après une exposition prolongée au soleil : entrez progressivement pour éviter tout risque d'hydrocution. Ensuite, le bassin n'a pas de fond au milieu ni près de la rive opposée : les enfants doivent rester sous surveillance constante, même dans un cadre aussi paisible.
Le site n'est pas surveillé, et la qualité de son eau fait l'objet de contrôles réguliers par l'Agence Régionale de Santé : en cas de doute, mieux vaut se renseigner auprès de la mairie de Saint-Benoît avant de s'y rendre, notamment après un épisode de fortes pluies dans les hauts, qui peut faire monter la ravine assez rapidement.
Une exception qui confirme la règle
À La Réunion, où la plupart des plus beaux bassins imposent des heures de marche, le Bassin Bleu de Sainte-Anne fait figure d'exception heureuse : une eau superbe, un accès immédiat, et un cadre pensé pour y passer la journée plutôt qu'une simple pause. De quoi combiner, dans la même sortie, une baignade rafraîchissante et un vrai moment de pique-nique en famille, sans avoir sué une seule goutte pour y arriver.
Pour l'accès détaillé et la carte, direction la fiche technique du Bassin Bleu. Et pour les autres bassins de l'Est qui, eux, se méritent un peu plus, jetez un œil à notre récit sur le Bassin la Mer, plus sauvage, à quelques kilomètres de là.